Le transplant
d’organes est une des pratiques médicales les plus problématiques
dans la société contemporaine. Elle appartient au champ
de la Bioéthique, réflexion créée par l’évolution
technologique vécue par la Médecine. Une tendance paraît
se dessiner : un pouvoir technologique pousse à l’acceptation
de nouvelles pratiques qui remettent en question des supposés philosophiques
et culturels fondateurs de la société.
Cependant,
il n’y a pas que ce pouvoir. Le problème de la « pénurie
» d’organes a été maintes fois signalé.
Ce déficit d’organes disponibles par rapport aux organes
nécessaires pour être transplantés, indique la réticence
de la société à accompagner cette pratique médicale.
Nous savons aujourd’hui que la dite réticence ne vient pas
seulement des parents consultés au moment de décider le
don des organes d’un être aimé avec un diagnostique
de mort encéphalique, mais aussi des médecins ou du personnel
paramédical. Cette difficulté (qui échappe à
la logique de la Médecine) implique de faire appel aux Sciences
Sociales, pour rendre compte des fondements culturels, sociaux et subjectifs
qui soutiennent la réticence (ou l’acceptation) au don et
au transplant d’organes.
La
complexité du phénomène rend nécessaire un
abord interdisciplinaire. Nous nous proposons de convoquer les praticiens
et les chercheurs issus de différents champs disciplinaires : Médecine,
Anthropologie, Psychanalyse, Droit, Philosophie…
Le
Réseau que nous présentons veut être un espace de
réflexion plurielle, qui permette l’échange au delà
des terminologies propres à chaque discipline. Nous sommes convaincus
que du « rapprochement» d’idées différentes
peuvent survenir de nouvelles idées. Il s’agit d’un
pari sur la production scientifique collective. Pour cela, nous ne cherchons
pas à promouvoir une complémentarité entre les différents
champs, mais plutôt la reconnaissance des différences conceptuelles
et leurs conséquences. La participation de ceux qui sont engagés
à la prise de décision pour le don et transplant d’organes
sera cruciale pour évaluer les conséquences pratiques de
nos réflexions.
Nous
invitons tous ceux qui s’intéressent à un tel travail,
à se rapprocher et à participer à cette aventure.
Nous vous attendons.